Parce que les paroles s'envolent, alors que les écrits restent, je ne peux passer cet événement de ma vie sous silence...
Mardi 29 janvier 2008, Jean-Philippe LOUIS, affectueusement surnommé « LOULOU » s'envole pour son ultime trip à l'âge de 46 ans.
Plus qu'un ami que je côtoie depuis l'âge de 14 ans, il était un membre de ma famille à part entière, au même titre que sa femme Nathalie et leurs 2 enfants : Marine et Romain.
Loulou ; le Big Boss du Kitesurf/windsurf shop « PALMYR WIND », rendu internationalement et non moins tristement célèbre, par son accident de Kitesurf survenu le 26 avril 2003 dans des circonstances plus que mystérieuses. Devenu tétraplégique ; son combat de tous les instants était une leçon de courage.
Loulou ; le pote, le mari, le père de famille, l'ami de tous, le chasseur de courbes, le rider émérite-multiglisses-et-touche-à tout ce qui pouvait provoquer chez lui de nouvelles sensations chargées de grosses montées d'adrénaline.
Loulou « le pionnier » ; cette force de la nature, croyait plus que tout au Kite ; cette nouvelle forme de glisse : magnifique alliance d'une aile de traction et d'une planche de surf « un peu spéciale » avec des footstraps pour caler les pieds.
Loulou « l'enfant du pays » donna la vie à ce sport sur notre spot fétiche, alors que personne d'autre n'y croyait plus que cela, restant tous sur nos bonnes bases de windsurfers, surfers, bodyboarders, etc...
Fatal destiné ; la nature prendra le dessus une après-midi d'avril 2003, et c'est ce même sport dit « extrême » qui la lui reprendra la vie... petit à petit...
Deux ans ont suffi pour que la discipline s'impose, de plus en plus de kites envahissent le champs aérien de la Baie de Bonne-Anse.
Même les anciens abandonnent définitivement la « Pinchàwoil » contre une forme d'expression plus libre. Je pense notamment à Freddy, Alain et Nono !
Quelques noms s'impose sur la scène nationale, voir international, à savoir Nicolas Gandon et surtout Rémy Branco ; qui portera notre sport à son plus haut niveau. Rider du Team F.ONE, 5ème à la final du Championnat de France au moment duquel il fêta ses 20 ans lors d'une soirée mémorable (ndlr ; j'y étais !), trips photos et vidéos aux 4 coins de notre belle planète bleue ; des paradis de la glisse comme les îles Hawaii, îles Fidji, le Brésil, la Corse, le Monténégro etc...
Et comme toujours : Loulou tire les ficelles depuis les coulisses au travers de son shop, sa vie, son ½uvre...
On voit apparaître également l'école de Kitesurf de La « Palmyr Wind Family » avec leur lot de moniteurs « home spot » ; Manu Bibi et Kévin « le perfectionniste » !
Loulou « marqueur de génération » de riders s'étalant de 10 à 65 ans.
Onze années nous séparent de ses débuts en Kite. Evidemment, tout à énormément évolué ; les performances, mais aussi et surtout la sécurité, et sur ce dernier point, Loulou a, à ces dépends, fait prendre conscience aux fabricants qu'il ne servait désormais plus à rien de développer des ailes de plus en plus performantes si la sécurité ne pouvait offrir aucune garantie.
Aujourd'hui, je me trouve à Courchevel, en saison d'hiver. Cette situation m'a privé d'un possible déplacement vers la Charente-Maritime afin de pouvoir rendre un dernier hommage à mon ami et d'être auprès de sa famille, c'est pourquoi j'écris ces quelques lignes ; bien maigre réconfort face à la peine que j'éprouve... On se souviendra tous de lui comme un homme drôle, honnête, droit, courageux, battant, shapé pour les sports de glisses...
Voilà, la vie continue pour ceux et celles qui sont toujours là, qui pensent très fort à toi et qui t'aime. Mais rien ne sera plus pareil...
Je n'irai pas pleurer sur ta tombe si tel est ton désir, mais rien ne pourra m'empêcher d'avoir une pensée pour toi à chaque fois que la glisse me prendra... Tu peux être certain et fier de savoir que, sur notre « home spot dont tu restes désormais son ange gardien », il y aura pour longtemps une part de ton expérience au sein de chaque jibe, looping, waterstart, no-foot, kite-loop et autres free-expression...
Bon vent à toi Loulou...
Article paru dans le journal SUD-OUEST.
Avec gros titre + photo représentant Loulou et sa femme Nathalie en Première page : « IL A FINI DE LUTTER – La Palmyre. Depuis son accident de kitesurf, il était tétraplégique. Son courage avait ému le département. Jean-Philippe Louis est mort».
« Kitesurf : Ce jour-là, je testais du nouveau matériel. Nous étions encore à la première génération. Il n'a pas fonctionné, je me suis crashé contre un arbre... J'ai essuyé les plâtres, en quelque sorte ».
Lucide sur les conditions de son accident, sur son état, la fragilité de sa santé, Loulou trouvait malgré tout une forme de satisfaction à ce que les choses aient avancé. « Après ce qui m'est arrivé, la pratique du kite s'est ralentie. Les fabricants ont repensé le matériel, l'ont sécurisé quasiment à 100 %. Aujourd'hui (en 2005,ndlr), avec un kitesurf de dernière génération, dans les mêmes conditions météo, il ne me serait rien arrivé ». Généreux, optimiste grâce au soutien de sa famille, Loulou ne renonçait pas à son amour de l'extrême. Il ne se voyait pas, malgré tout, « dans un fauteuil à 70 ans » !
Loulou s'est éteint !
La Palmyre. Jean-Philippe Louis, dit Loulou, tétraplégique depuis un accident de kitesurf en 2003, est décédé mardi. Son combat était une leçon de courage.
Loulou est parti mardi. De la manière la plus inattendue et subite qui soit, terrassé par un accident cérébral. Il avait 46 ans. « Loulou » c'était pour les amis, la communauté des surfers amoureux de La Palmyre. Pour les autres, c'était Jean-Philippe Louis, le gérant du Palmyr-Wind surf-shop, spécialiste du matériel de glisse. Un commerce qu'il continuait à animer malgré son handicap. Car Loulou était tétraplégique, état consécutif à un accident de kitesurf, survenu en avril 2003.
« Il allait aussi bien que possible, soupire son épouse Nathalie. Il était très volontaire, courageux. Il était là avec nous. Dans un fauteuil, mais il était là, dans toute sa grandeur ». Loulou était revenu parmi les siens au prix d'une opération délicate. Il avait rejoint ce commerce qu'il avait créé lui-même en 1986, connaissant les risques pour sa santé. Son moral était à ce prix.
Solidarité. « Je revois les copains qui continuent à pratiquer, je reste en contact avec le milieu, expliquait-il alors. Tout cela m'empêche de me morfondre sur mon sort ». Sa vie était dans le monde du surf, dans cet univers des sports extrêmes qui fut sa passion, passion qu'il a payé au prix fort. Il abordait son handicap avec assurance, souhaitait mettre son expérience au service d'autres personnes handicapées.
L'accident de Loulou, un après-midi d'avril 2003, a traumatisé la communauté. Entraîné par le vent, Jean-Philippe a percuté un arbre sur la plage de Bonne-Anse. La nuque brisée, l'homme s'est retrouvé privé de l'usage de ses membres, mais également incapable de respirer par ses propres moyens. Les médecins ont eu alors recours à une opération peu pratiquée en France ; à savoir la pose d'un stimulateur phrénique autonome, dont les électrodes sont implantées sous la peau. Une opération rare, coûteuse – 52 000 euros – et non prise en charge. Une formidable chaîne de solidarité s'est alors formée en presqu'île d'Arvert pour aider la famille Louis à financer l'opération. Concerts, vente de bouteilles d'eau, donations de particuliers et de professionnels de la filière... L'association « Loulou » a compté jusqu'à un millier de membre. Jean-Philippe Louis avait pu rentrer chez lui, auprès de son épouse Nathalie et de leurs deux enfants Marine et Romain.
Bref compte-rendu des obsèques, donné par Dany Ozon ; ma maman qui me représentait et qui connaissait également Loulou et Nathalie.
C'est Pascal Bony qui a lu le message que je voulais faire passer lors de la cérémonie à l'église.
« De la part de zonzon : Que mes pensées t'accompagnent dans cet ultime et grand voyage. La Palmyr Wind Family a toujours été ma seconde famille, grande famille de l'amitié et des passionnés de la glisse.
Je garderai toujours le souvenir des bons moments sur l'eau, au shop ainsi que les fêtes pétillantes entre copains-riders.
Loin, mais de tout c½ur avec toi et ceux que tu aimes... Ecoutes la mer et Bon Vent... ».
« Nathalie a été très touchée. La cérémonie a été très émouvante. Tes copains ont fait une haie avec leur planche et de l'autre côté les surfs. L'église était comble, c'était fou le monde qu'il y avait. Les amis étaient debout tout autour des bancs et même au balcon à côté des chanteurs. J'étais debout avec Alex et Nancy (mon frère jumeau et sa femme, ndlr). Il y a eu beaucoup de fleurs, de pleurs et de plaques.
A la fin, ils ont passé un folklore très moderne, très sympa, très gai ; tout le monde a apprécié.
Pour clôturer la cérémonie, c'est Nathalie qui a dit en parlant pour son époux : Ne venez pas pleurer sur ma tombe.... »...
« Loulou est parti avec des tas de photos. Dont une où vous rigoliez à pleines dents. Elle était sur sa vitrine. Nathalie me l'a fait remarquer ».




